Faire reconnaitre sa licence de Pilote privé au Japon

Vous venez d’arriver au Japon pour une durée plus ou moins longue et vous vous posez la question de comment exercer vos privilèges de pilote au dessus du territoire Japonais dans un appareil immatriculé JA ?

Vous êtes au bon endroit, enfin, j’espère pouvoir vous donner suffisamment d’information pour que vous puissiez vous faire une idée des démarches, des capacités demandées et des choses à connaitre.

Note: Les informations ci dessous peuvent ne pas être justes. D’une part la réglementation locale est en japonais (qu’à l’heure actuelle je ne sais ni lire ni parler) et que d’autres part les subtilités de la langue font qu’il y a parfois des incertitudes résiduelles…

En ce qui concerne la réglementation, celle-ci est bien évidemment en Japonais, cependant vous pouvez réussir à trouver quelques informations en anglais:

  • Le site http://www.japaneselawtranslation.go.jp permet cependant d’obtenir une traduction en anglais… mais elle n’est pas à jour.
  • L’association Japa – Japan Aircraft Pilot Association, l’équivalent de l’AOPA, édite le manuel AIM-J (Aeronautical Information Manual – Japan). La version 2017 est disponible ici https://www.japa.or.jp/2235.
  • Il vous reste bien évidemment les AIP, disponibles sur https://aisjapan.mlit.go.jp. J’attire cependant votre attention sur le fait que les informations réglementaires ne sont pas toujours à jour (j’ai fait un mail à ce sujet aux éditeurs à ce sujet).

D’un point de vue pratique, je ne peux que vous conseiller l’AIM-J qui est très complet et reprend tout ce qu’il faut savoir (aussi bien des techniques de pilotage, que de la météo, que de l’aspect réglementaire). La traduction anglaise est par moment un peu lourde, mais c’est certainement la documentation anglaise la plus juste et la plus à jour disponible (ce qui me surprend un peu, visiblement le JCAB n’est pas vraiment à la hauteur sur certains points).

Vous pouvez retrouver les questions des anciens tests sur : http://www.mlit.go.jp/koku/koku_fr10_000025.html

Petit point réglementaire

Les autorités (JCAB, pour Japan Civil Aviation Board) correspond à notre DGAC, mais sa capacité réglementaire le rapproche dans les faits de la FAA.
Le JCAB relève du Ministère du transport (plus exactement du Ministry of Land, Infrastructure, Transport and Tourism – MLIT).
En ce qui concerne l’aviation civile, la loi applicable se nomme “Civil Aviation Law”. Elle est assez large et de ce fait beaucoup de données sont complétées par des décrets et des règlements. Obtenir une vision complète de la loi est une chose difficile à réaliser, tout du moins pour un étranger.
Fort heureusement, le Japon est membre de l’OACI et applique en grande partie les normes demandées (il y a toujours quelques exceptions).
La seule chose qu’il faut réellement garder en tête, c’est que c’est une autorité avec une vision japonaise de la chose. Il vous faudra donc respecter à la lettre les consignes demandées…

L’aviation au Japon

L’aviation au Japon est une chose un peu particulière. D’une part les autorités ont un grand pouvoir (et un grand pouvoir implique une grande responsabilité…) et ont tendance à en faire un peu trop comparé à ce qui est demandé par la loi. Est comme le JCAB est une réelle autorité les discussions ne sont pas vraiment faciles…
L’essence aviation – 100LL – est chère (un faible volume est consommé), il y a peu d’appareil d’aviation générale à pistons (environ 500 appareils immatriculés – chiffres de 2006, contre plus de 2000 en France, source Gama). Il y a par contre beaucoup plus d’hélicoptères.
Au vue de ces quelques chiffres ont comprend vite que voler au Japon ne sera pas donné… et qu’il faudra bien compter 30 à 40% de dépenses en plus à l’heure de vol.
Si vous voulez glaner quelques informations complémentaires, vous pouvez consulter:

Vous êtes au Japon pour une courte durée ?

Si vous êtes au Japon pour moins d’un an, il vous faudrait mieux oublier l’idée de faire reconnaitre votre licence (vous pouvez toujours tenter la chose, si le hasard des calendriers fait que vous êtes disponible au bon moment).

A l’opposé de certains pays où il suffit de montrer sa licence (et son médicale) aux autorités de l’aviation civile pour pouvoir exercer ses privilèges de pilote privée, les autorités Japonaises demandent, au moins, un examen théorique sur la connaissance réglementaire locale (suivant votre licence vous pouvez avoir à passer un examen pratique en plus). Sachant qu’il n’y a pas énormément de dates pour les examens en Anglais (2 par an) et que cela demande un certains investissement temporelle et financier, cela ne vous laissera pas forcément beaucoup de temps pour profiter de votre licence…

Note: je crois qu’en plus un justificatif de nationalité / d’immigration est demandé pour la délivrance finale.

Enfin, sachez que même si vous avez trouvé un avion (chose assez rare) ou un hélicoptère (moins rare) ainsi qu’un instructeur, et que vous n’avez pas le fameux papier, vous ne pourrez voler qu’en tant que passager.

Et oui, vous avez bien lu… ! Au Japon, un instructeur ne peut pas donner d’instruction en vol à n’importe qui. L’élève doit justifier un niveau de compétences/connaissances avant de pouvoir prétendre toucher un manche en vol en compagnie de son instructeur.
On pourrait penser que la simple possession d’une licence de pilote privé soit pré-requis, mais ce n’est pas le cas….

De ce fait, les seules solutions légales pour voler sereinement au Japon sont :

  • de louer un avion avec un pilote auprès d’une compagnie reconnue par l’état (et oui, c’est du transport public) et d’embarqué comme passager, ou
  • de connaitre quelqu’un qui exercera ses privilèges de pilote privé avec vous à bord (donc un vol non rémunéré).

Vous êtes au Japon pour une longue durée (au moins un an) ?

Dans ce cas là, vous pouvez effectuer les démarches car vous aurez certainement le loisir de profiter de vos privilèges. Les démarches ne sont pas si compliquées qu’il en à l’air mais elles demandent une certaine rigueur et de l’investissement.

Comme expliqué précédemment, un instructeur ne peut pas donner d’instruction en vol à n’importe qui (l’élève doit justifier un niveau de connaissances et être en possession de sa licence médicale).

De là, deux options s’offrent à vous:

  1. Vous faites les démarches pour être reconnue comme élève.
  2. Vous faites les démarches pour faire reconnaitre votre licence.

Le premier cas n’est pas forcément la meilleur option (même si vous estimez qu’il vous faudrait mieux garder un instructeur à coté de vous durant le temps de votre séjour). D’une part les démarches sont plus compliquées que pour la reconnaissance de la licence et d’autres part, si vous voulez voler librement, il vous faudra repasser les divers examens… Sachant que vous avez déjà votre licence cela revient à tout recommencer à zéro (tout du moins administrativement parlant).

La seconde démarche apparait donc comme la plus simple et efficace. C’est celle-ci que j’ai choisi (d’un coté, avais-je vraiment le choix ?)

Le document de référence est disponible sur le site du MLIT section qualification (très galère a trouver car disponible uniquement en Japonais) et de condulter le document “procedure for switching licenses issued by a foreign government” ainsi que la page Application for Aviation skills certification. Tout estven japonais… Je vous conseil donc d’utiliser les services de Google traduction pour au moins naviguer plus facilement (la traduction vers l’anglais est plus juste/compréhensible que la traduction vers le français).

La première démarche consiste à nous inscrire au test en anglais sur la réglementation aéronautique Japonaise (Civil Aeronautic Acts)

Pour effectuer cette demande, il vous faudra le matériel suivant:

  • Votre carnet de vol,
  • Une calculatrice (avec si possible une capacité de calcul en heures-minutes pour se simplifier la vie),
  • Votre licence,
  • D’une personne qui parle, lit et écrit le japonais sous toutes ses formes.

J’insiste un peu sur ce dernier point, mais avoir quelqu’un qui maitrise le japonais sera un réel plus et qui vous évitera bien des soucis. (Peu de personnes parlent réellement un anglais suffisant pour vous aider. Cela ne manquera pas de générer de nombreux doutes et des contradictions).

Ensuite, commence la partie un peu moins fun, trouver les documents suivants (de manière officielle, je les propose en téléchargement ci-dessous, mais je ne donne aucune garantie):

  • Request Form for English test
  • Form for Aeronautical Experience

Il faut pour cela remplir le formulaire et le relevé d’heures (JCAB-Request Form for English Test et JCAB-Form of Aeronautical Experience).

La Request Form ne devrait pas poser trop de problème. En ce qui concerne la Form of Aeronautical Experience, il y a une petite subtilité sur les heures de vol Pilot in Command et solo flight. En principe, les heures de vol solo sont comptabilisées en heures PiC, sauf…. qu’il ne faut pas compter les heures solos comme heures PIC dans le formulaire. Subtilité indiquée nul part… Je ne l’ai su que par ce que mon instructeur qui m’en a fait la remarque. Pour vous aider, vous pouvez utiliser cette note de LongReachAviaton.

Note: Un fichier Excel existe également pour la Form Aeronautical Experience. Je ne l’ai trouvé que sur le site de web de la compagnie Flypeach. Même après avoir parcouru de long en en large le site du MLIT, je n’ai rien trouvé…. (d’où l’utilité de connaitre quelqu’un qui parle et sait lire le Japonais).

Une fois le tout rempli, il vous faudra envoyer le tout à Tokyo avant une date précise.

On poursuit les démarches en remplissant la Form 31 (le justificatif de payement) et la Form 19.

C’est là que commence le moment de solitude !

  • D’une part ces formulaires ne sont pas disponibles en ligne. On ne peut que les commander en ligne pour les recevoir par la poste. Si vous êtes en France, cela veut dire qu’il vous faut un contact Japonais qui fera cette démarche.
  • Les formulaires sont rédigés exclusivement en japonais et il n’y a pour l’heure pas même un mode d’emploi en anglais… (oui, il faut un mode d’emploi).
  • Il vous faudra remplir ces formulaires en japonais en utilisant des Hiraganas et Des katakanas. Bref, ce n’est pas à la portée du premier venue qui sait tout juste écrire son prénom en japonais… Personnellement, je n’ai pu écrire que mon nom et prénom en haut de la feuille.
  • Il faut bien comprendre les  indications qui sont avec le formulaire 19 (enfin, faites lire scrupuleusement les instructions, car la rigueur japonaise est bien présente dans l’administration. Il serait dommage que votre dossier soit rejeté par ce que vous avez utilisé un stylo au lieu d’un crayon papier HB – Cela peut faire sourire, mais cela ne sera certainement pas cas de l’employé administratif.)

Donc pour faire simple: vous nagez littéralement dans le flou, vous êtes liée à l’unique volonté et capacité de compréhension de votre interlocuteur. Vous espérez donc qu’il a bien compris l’ensemble des informations!. J’ai personnellement demandé parfois à 3 personnes, et j’ai eu parfois 3 réponses différentes…
Sachant qu’en plus les formulaires ne sont pas forcément prévu pour des noms européens (il n’y a pas assez de cases pour écrire Jean-Claude Dupond-Martin), on se retrouve vite dans un “bug” du système…

La Form 31 ne pose pas de gros soucis pour la remplir (quand on sait ce que l’on doit indiquer), il vous faudra trouver les timbres fiscaux (7600 yens en avril 2017). Si vous êtes au Japon, il vous suffira d’aller dans un bureau de poste, de montrer la feuille et la somme et les employées comprendront. Si vous commencez les démarches en France, il vous faudra un intermédiaire Japonais (certainement la meilleur chose à faire).

Le formulaire et le matériel sont disponibles sur Hobun-book: Skill certification application set.
Pour information, le formulaire ressemble à ca:
et le mode d’emploi
.

Bon, quand on y comprends rien, ca fait un peu peur. Mais en fait, il n’y a pas tant de chose que ca. On vous demande de préciser votre pays (France – FRA), votre licence envisagée, votre qualification, votre de type/classe d’appareil, ainsi que votre adresse (au Japon, le formulaire n’est pas prévu pour des adresses étrangères). Voilà, c’est tout, mais il faut remplir le tout avec un crayon HB (pas un stylo, et le HB est important).

Une fois que tout est rempli, vous pouvez envoyer le tout à Tokyo, à une adresse différente que celle de la demande de test en anglais (pourquoi faire simple…). Le courrier contiendra:

  • La form 31 avec ses timbres fiscaux, datée et signée,
  • La form 19,
  • Votre licence originale,
  • Une copie de votre licence,
  • trois enveloppes timbrées, deux à 82Yens pour recevoir la convocation et je ne sais quoi (ce sont des enveloppes administratives, je ne sais pas où ont les trouves car mon instructeur me les a fournies), une autre à 310 Yens qui servira à vous retourner votre licence en courrier suivi / recommandé.

Ca c’est pour une demande pour une licence PPL, pour un CPL, il vous faudra certainement fournir une copie de vos carnets de vol (faites bien attention à ce que les heures notées correspondent bien à celles indiquées dans l’Aeronautical Experience).

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